Terrains vagues – 2015

Terrains vagues – Collectif Castor

L’exposition Terrains vagues présentée en partenariat avec la Galerie 5, installée sur le campus de l’université de Belle-Beille à Angers regroupe plusieurs installations sculpturales réalisées par le Collectif Castor.

Les espaces accueillants les sculptures ont été déterminés par des zones d’herbe. Ces sols communs sont devenus une contrainte bénéfique à l ‘élaboration d’une idée. Ces micros espaces de verdure ont été choisis pour servir la poésie de ces lieux, comme une plante éclatant l’asphalte au milieu de la ville.

Les terrains où se situent les sculptures sont, pour la plupart, différents dans leur superficie. Volume accidenté ou plat, quasi forestier ou restreint n’est jamais très loin de l’architecture grise des bâtiments.

Puisque l’herbe est notre sol alors celle-ci fera office d’eau, voici notre postulat.

Les étendues vertes nous permettrons d’imaginer qu’elles sont un liquide vecteur de récit et sur lesquelles flottent ou se posent différents objets et figures, comme sur un lac, un étang, ou un océan.

Éparpillées sur le campus, elles jouent toutes avec la morphologie du terrain pour créer des scénettes singulières et adaptées à leur contexte spatial. Une dune s’apparente à une vague alors qu’une simple tranchée se transforme en marécage boueux.

La problématique sculpturale s’est organisée en deux éléments spécifiques et liés à l’univers théâtral: la scène étant le campus, puis un décor et des acteurs, tout cela réuni, permettant de raconter et de circonscrire un début de narration.

Nous avons donc travaillé sur des structures en bois uniformisées par une teinte de bois foncé en confrontation avec des sculptures humaines blanches.

Les architectures, comparables à des décors, donnent aux personnages un territoire imagé, les inscrivant dans une histoire, un instant du conte.

Elles sont toutes tirées de l’univers aquatique : ponton, maison sur pilotis, barque… Comme des îlots, ou un dernier espoir de se tirer de ce bourbier.

Les silhouettes représentent quant à elles le travail de fond de cette exposition.

Elles traduisent une réflexion sur le corps et son anatomie comme du principe de série et de moulage. D’abord réalisées en argile selon une technique académique, les sculptures ont ensuite été moulées afin d’être reproduites plusieurs fois.

Les postures qu’elles prennent se veulent le plus éloignées les unes des autres, parfois en désaccord avec l’idée de naufrage. Ces hiatus et ces similarités formelles engendrant une épopée à trou, donnant à ces sculptures à échelle humaine une place non prédéterminée; elles flottent comme elles coulent.

Parfois les situations proposées hésitent entre statues déchues et profusion d’hommes émergeant du sol. C’est le climat imaginé pour ces espaces verts, des installations de bois s’immisçant dans le décor arboricole et des formes immaculées visibles à distance.

Il découle de ce travail plusieurs saynètes semblables à des moment figés ou des jeux de compositions qui appartiennent à ce conte sculptural.

 
V | Les coulisses de l'exposition | V